Ecran de projection DIY

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Bonjour a tous.

Apres le support pour vidéoprojecteur, voici la suite logique : l'écran pour vidéoprojecteur. Il faut savoir que ce genre de matériel se trouve facilement dans le commerce pour des sommes allant de l'honnete a l'extravagant, avec bien entendu des qualités tres variable, allant la aussi de l'honnete a l'extraordinaire, en passant par le médiocre.

On en trouve de deux sortes, des fixes et des déroulants. L'avantage des déroulants, c'est qu'ils sont plus discrets que les fixes qui, par définition, sont fixés au mur comme des cadres de peinture, sauf que c'est tout blanc avec des bords noirs et que ca mesure pres de deux metres (selon la taille choisie). Il faut aimer les monochromes. En revanche, les écrans déroulants ont souvent l'inconvénient de gondoler, c'est-a-dire qu'ils font des vaguelettes. Ce qui est vite genant en projection, puisque ces bosses et ces creux induisent des défauts de mise au point. En effet, la mise au point de netteté ne peut se faire que sur une surface parfaitement plane. Alors, si ces gondolements sont légers, le défaut de netteté peut etre imperceptible, mais globalement, c'est vite chiant. Certains écrans déroulants plus hauts de gamme permettent d'éviter ce défaut en se tendant grace a un procédé technique souvent onéreux. Ces écrans sont dits auto-tendus. 

D'autre part la qualité de la toile utilisée pour ces écrans, qu'ils soient fixes ou déroulants, est tres variable. On peut ainsi trouver des écrans blancs neutres, d'autres qui accroissent la luminosité grace a des cristaux mélangés a la toile, et d'autres au contraire qui la diminuent (afin de renforcer la profondeur des noirs) en étant légerement grisés. On peut également en trouver qui sont micro-perforés, comme les vraies toiles de cinéma, ce qui permet de placer les enceintes derriere l'écran. Cela renforce l'immersion dans le film et permet de centrer au mieux l'enceinte centrale destinée a la reproduction des dialogues.

Tout ca pour dire qu'un écran du commerce peut couter disons entre 100 et… heu… plus de 2000€. Pour des qualités parfois discutables. ET quand on a payé son projecteur 1500€ (soit un projecteur d'entrée de gamme), on n'a pas forcément les moyens de mettre 500€ dans un écran. Pourtant, l'écran, c'est un peu comme un objectif sur un appareil photos. Inutile d'avoir un boitier a 2000€ si c'est pour monter a objectif merdique dessus, l'image sera toujours mauvaise. Le HC, c'est une chaine. Une pour l'image, et une pour le son. Et une chaine est toujours du niveau de son maillon le plus faible. Aujourd'hui, les projecteurs a 1500€ sont déja excellents et permettent de se faire réellement plaisir. Donc pourquoi acheter un écran a 100€ de pietre qualité quand on peut s'en fabriquer un bien meilleur pour deux fois moins cher ?

Donc l'idée est de se fabriquer un écran d'un tres bon niveau et d'un rapport qualité/prix imbattable. Pour ca, pas a tortiller, ce sera un écran fixe. Pas encore trouvé de possibilité de faire du déroulant. En meme temps, m'en fout, j'aime bien les monochromes.

a partir de la, au moins trois possibilités (il y en a certainement d'autres).

1. Peindre son mur en blanc : pas évident quand on est locataire et que le salon est tapissé de fleurs mauves (cela dit, vous avez le droit de refaire la tapisserie, en général, hein !).
2. Utiliser une toile fixée sur un cadre de tasseaux. La, tout dépend de la toile choisie, puisqu'il peut autant s'agir d'une toile dédiée cinéma (comme on en trouve ici : http://www.demospec.com/ ou chez les fabricants de toiles HC, Oray etc., mais souvent plus cher), que d'une toile type tuplur ou toile occultante (ce que j'avais jusque la, mais poubelle suite a déménagement). Solution souvent peu onéreuse et d'un rapport qualité prix tres bon. Seul difficulté : trouver la toile occultante. Pas toujours évident.
3. Une planche peinte en blanc. C'est la méthode que j'ai choisie cette fois-ci pour une raison tres simple : suite a la réfection du salon, nous avons un gros reste de blanc a plafond. Je pars donc la-dessus, tout en sachant qu'il y a des inconvénients a cette méthode comme aux autres. Tout est question de compromis, reste a savoir ou vous mettez les votres. Heu, attention quand-meme : il faut du blanc a plafond mat. Avec du brillant, l'image va etre pourrie, avec un vilain point chaud qui bute les yeux.

Donc on y va.

D'abord, déterminer la taille de l'écran. D'ordinaire, on a coutume de dire que pour un bon confort de projection, on doit etre assis a une distant de (base écran x 2) metres. On mesure vite fait la distance entre les fauteuils et le mur : environ 3m, donc il faudrait partir sur une base de 1,50m. J'ai toujours eu une base plus grande que les calculs théoriques sans que cela soit genant, donc je pars sur une base d'image de 1,80m. Ce qui fait un écran de 1,80m par 1 metre de hauteur. a 3 metres, on ne verra quasiment pas les défauts du projecteur (en l'occurrence la grille, surtout).

Le projecteur étant fixé, on lance une projection sur le mur (marron, donc un peu galere pour voir ce que ca donne) : bon, 1,80, c'est pas mal. On en profite pour régler approximativement la position de l'image et donc la position du projecteur (bien parallele au mur de projection, bien horizontal et tout ca), histoire d'avoir une image rectangulaire, et pas biscornue et trapézoidale.

Ensuite, comme je prévois des bords noirs autour de l'écran, j'ajoute a ces premieres mesures 5cm de chaque coté. Ce qui va nous faire une planche de 190cm x 110cm. Ni une ni deux, je (enfin ma chere et tendre, soit-elle bénie sur quarante générations) pars acheter ladite planche. Ce sera de l'agglo de 16mm d'épaisseur. 11€ le m2, 22€ la planche. Et puisqu'on en est a parler sous-sous, on ajoute 10€ de peinture noire mat acrylique pour les bords noirs, et que dalle pour le blanc, puisque c'est pris dans un reste de blanc a plafond déja utilisé pour autre chose (un plafond, en l'occurrence, si, si, je vous jure). 

Premier constat au retour de la planche : tarabisquepute ! elle est lourde comme un ane crevé cette merde ! Bon… Pas grave. C'est un peu difficile a manoeuvrer, mais on va y arriver. Je la pose donc tant bien que mal sur une table a tapisser, et je bouche les chants avec de l'enduit spécial bois, afin que la peinture que je mettrai a cet endroit la ne pénetre pas dans la tranche comme du café dans un bichoco. Autant le café dans le bichoco c'est bon, autant la peinture dans une tranche d'agglo c'est moche et ca fait cradingue. 

ca donne ca :
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On refait un coup, histoire de bien boucher, puis on ponce le tout. Et on commence a passer une bonne couche de blanc au rouleau sur toute la surface de la planche, y compris les chants, qui seront noirs a la fin. ca permet de faire une premiere sous-couche qui saturera un peu les parties poreuses et donnera un meilleur résultat avec le noir.

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Apres la premiere couche, ca donne ca en méga gros-plan :

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On voit bien le grain du bois qui ressort, et la peinture qui n'a pas completement tout recouvert. Donc pour la deuxieme couche, il faudra bien passer par la case poncage-nettoyage, histoire de bien lisser toute cette vilaine acné.

Trois couches plus tard, voila ou on en est :

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L'avantage du blanc a plafond, c'est qu'il seche tres vite, et globalement, en une journée, vous pouvez passer les trois couches avec les différents poncages intermédiaires sans trop de soucis.

Ensuite, je trace mes reperes a 5cm du bord pour effectuer le masquage au scotch de peintre et peindre les bordures noires. Comme toujours, je fais le tracé au trusquin, ce qui est rapide et précis, bien plus qu'avec une regle et un crayon. Ensuite, scotch et pinceau. Vue la position de la planche, je fais les trois premier coté le soir et le dernier le lendemain. La peinture est une acrylique noire matte de marque Astral a 10€ le pot.

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Seul probleme : comme pour les enceintes (voir ici : http://mesbricolages.over-blog.com/1-categorie-1220429.html), les bordures ne sont pas nettes. J'avais pourtant opté pour un passage au pinceau, dans le sens opposé au scotch, plutot qu'au rouleau, car je craignais que le scotch, imbibé par le rouleau, ne finisse pas baver, j'avais aussi, fort de mon expérience avec les enceintes, enlevé a grands risques le scotch immédiatement apres le passage de la peinture, mais rien n'y fit… J'aurais sans doute du faire comme pour les enceintes, c'est-a-dire passage au rouleau avec décollage immédiat. Ma foi. C'est fait, et ca donne ca:


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Bon, c'est du tres gros plan, donc sur l'écran final, il faut avoir le nez dessus pour le voir. Et je ne parle meme pas pendant un film : c'est tout simplement imperceptible. Donc pas de quoi fouetter un chat. Ni aucun autre animal, ils n'y sont pour rien. a la limite les chiens molossoides, parce qu'ils me font peur, mais bon, meme la, rien a voir. Et puis de toute maniere, on ne dit pas  il n'y a pas de quoi fouetter un dogue argentin . ca n'a pas de sens

Une autre chose a laquelle il a fallu faire extremement attention : ce sont les mouvements un peu amples avec le pinceau, les gouttes, les mains salles, etc. Car le blanc a plafond, c'est tres bien, c'est tres blanc, c'est tres mat, mais c'est surtout treeeees salissant, et impossible a laver. La moindre goutte d'eau et c'est la misere : la peinture (bas de gamme), se liquéfie, ca s'étale, et c'est pourri. Naturellement, vous vous imaginez bien que ca m'est arrivé Un mouvement un peu ample, une sorte de spasme, un probleme nerveux, bref, une bonne connerie qui a fait que j'ai mis un tout petit coup de pinceau (noir) sur la partie écran (blanche). Je ne reproduira pas le juron dégueulasse que j'ai lancé a ce moment-la, mais sachez juste qu'il était bien crade. Le juron. Mais l'écran aussi, du coup. Bon, j'ai réussi a ravoir le truc avec un peu de doigté et une éponge bien propre, et au final, c'est plus que pas mal.

Bref, je vous passe les galeres pour monter l'écran, au final, ca rend comme ca :

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Je vous ferai un petit CR des que j'aurai eu le temps de visionner un film et de re-régler le projecteur en fonction de ce nouvel environnement (nouvel écran, d'un blanc différent, nouveau salon, donc nouveaux réglages). Mais les premiers tests faits a la va-vite apres le montage laissent penser que ce sera bien meilleur que la toile occultante que j'utilisais par le passé. Le grain laissé par le rouleau n'est pas du tout genant, et le blanc est tres lumineux et bien mat. Quant aux bordures noires et au mur chocolat, ils semblent apporter un vrai plus en terme de contraste.

Voila. a bientot pour une autre construction


SUPER BONUS : la pose de merdier au mur

Bon, alors la, autant vous le dire, on a bien galéré. J'ai meme failli en perdre le sommeil. Bon, en réalité, si je ne dormais pas, c'est parce que mon fils faisait ses dents. Mais n'empeche, j'ai pas dormi !

Donc, L'idée de base, ce que j'avais déja fait pour positionner mes autres écrans en toile montée sur un cadre de tasseaux, c'est de lancer le projecteur avec un film sur  pause , de sorte a visualiser sur le mur la position de l'image, et ensuite, en levant l'écran, de le placer pour que l'image le recouvre et de marquer les emplacements de percage en fonction de l'adéquation entre la position de l'écran et le recouvrement de l'image projetée. Donc je lance un film, ma douce et moi prenons en main le bouzin, on commence a le lever pour le positionner par rapport a l'image, et la, c'est le drame : on se rend compte qu'on ne leve pas un cadre de tasseaux comme on leve une planche de bois… Nous sommes de faibles, des crottes, et la planche écran est bien trop lourde pour permettre ce genre de manoeuvres

Donc apres des heures et des heures de stress, voici comment nous avons procédé, et comment nous aurions du procédé depuis le début (mais bon, quand on est une nouille, on est une nouille)

D'abord, on lance le projo, comme prévu. Ensuite, on marque, en se basant sur l'image projetée, l'emplacement du premier trou. On perce. Une fois que c'est fait, on positionne l'écran et on visse ce premier coté. ca fait un point de soulagement.

Ensuite, on fait monter l'écran, qui pivote donc sur la premiere vis, et on marque le deuxieme emplacement de percage en positionnant l'écran bien a l'horizontale avec un niveau a bulle. On redescend l'écran, on perce, et voilaaaaaaaaaaaa ! Yapluka visser cette deuxieme vis.

Maintenant, je prie chaque jour pour que ces vis (qui sont de belle taille et qui sont quand-meme plantées dans un mur de béton) ne se petent pas. Sinon, on a une planche de  X  kilo ( X  étant approximatif) qui se casse la gueule, fracassant par la meme le mur (merci la tapisserie tout neuve), l'installation télévision et hifi qui est dessous, ainsi que les enceintes. Christ tout puissant fasse que cela n'arrive jamais !

Cela-dit, ces deux vis vont tres prochainement etre renforcées par deux vis plantées dans les angles bas de l'écran, afin d'une part de consolider l'installation, et de plaquer l'écran au mur. Car la planche a ce défaut de ne pas etre parfaitement plane, et en l'état, le bas de l'écran revient un peu. Ce qui donne une image légerement trapézoidale, décalée de 1cm a droite et a gauche en bas, alors qu'elle est parfaitement ajustée en haut. Bon, autant vous dire qu'en cours de projection, on n'y voit rien, hein. La encore il faut avoir le nez dessus pour s'en rendre compte. 

Donc voila.


Fin du super bonus.



   
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